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médiation familiale

La famille au naturel

L’écologie comportementale, un nouveau regard sur la famille.

Par Philippe Bernard,
psychologue, éthologue et médiateur familial.


Deux parents, un ex-couple, ont rendez-vous au cabinet. Ils viennent pour une médiation familiale. Leurs deux filles, adolescentes sont en dépression.
Après 20 minutes de reproches, de cris et d’insultes je décide de mettre fin à ce pugilat. Après plus de 10 ans de vie commune il ne reste rien de leur intimité et de leur complicité passée. Seul compte pour eux la garde de leurs filles, même au prix de la destruction de l’autre parent. C’est à partir de telles situations que la question de deux types de relations au sein de la famille est apparue. C’est l’écologie comportementale qui y apportera une réponse.



La famille et ses bouleversements actuels sont un sujet récurrent dans les médias. Un grand nombre de spécialistes s’y intéressent, développant chacun leur point de vue à travers les concepts propres à leur discipline. La majorité du temps la famille est abordée à partir des mêmes points de vue, qu’ils soient sociologique, historique, anthropologique, psychologique ou même juridique.

Que ce soit au niveau de sa structure ou de son fonctionnement, la famille humaine présente une large gamme de possibilités. Tant au niveau historique que culturel, la structure familiale est loin d’être une entité standardisée et universelle. À l’heure actuelle, rien que dans nos sociétés modernes, les structures familiales se diversifient de plus en plus donnant naissance à ce que l’on appelle les « nouvelles familles ».

Pour notre part, nous nous sommes intéressé aux fondements biologiques, à ce qui se passe dans toute famille, qu’elle soit humaine, animale ou même végétale. C’est donc par le biais de la biologie, science du vivant, et plus particulièrement via l’éthologie et l’une de ses branches les plus actuelles, l’écologie comportementale, que nous avons fait des découvertes surprenantes. En effet, les mécanismes en jeu dans le cadre du vivant s’appliquent à toutes les familles, quelle que soit l’espèce ou la culture, dans le cas de l’humain. Ils sont en outre d’une grande utilité pratique pour tous les professionnels amenés à aider les familles. En effet, connaitre et comprendre ces mécanismes biologiques permet aux professionnels et aux familles de dédramatiser certaines situations et d’en résoudre d’autres.




Comme son nom l’indique, l’écologie comportementale s’intéresse aux relations entre les comportements et l’écologie et cela dans le cadre de l’évolution. Contrairement aux disciplines précédentes s’intéressant aux comportements, elle n’emprunte pas ses concepts au naturalisme. Ses références proviennent plutôt des sciences humaines et sociales. Elle fait aussi appel à la théorie des jeux. Trois concepts sont à la base de sa réflexion :
  • Elle accorde une grande importance aux différences individuelles. Son argumentation s’appuie sur la variabilité des conduites des individus d’une même espèce. En effet, si tous les individus sont identiques, toute évolution est impossible. L’évolution n’est possible que si une sélection s’opère entre individus différents. Tous n’ont pas les mêmes chances de succès au niveau de la survie et de la reproduction. Selon les situations, certains sont mieux adaptés aux contraintes rencontrées et auront donc plus de chance de survivre et de se reproduire. Ils transmettront leurs adaptations à leurs descendants qui en bénéficieront.
  • Pour elle, les individus sont des « agents rationnels ». Cela signifie que chacun gère un budget temps/énergie avec pour objectif d’optimiser les bénéfices et de minimiser les coûts. Ainsi, par exemple, pour un prédateur, l’énergie qu’il peut retirer de sa proie doit être plus importante que celle nécessaire à sa capture.
  • Pour que le processus d’évolution puisse fonctionner, il est indispensable qu’un élément perdure dans le temps. Ce n’est pas le cas des individus qui ont une durée de vie limitée et disparaissent ensuite. C’est par contre le cas de nos gènes. Ce sont en effet eux qui sont transmis de génération en génération et qui persistent dans le temps. C’est sur eux qu’agissent les mécanismes de l’évolution. Dans cette logique, les individus sont des « véhicules » temporaires, des « machines » de survie par lesquels les gènes peuvent survivre et se répliquer. La réelle unité de sélection est le gène et non pas l’individu. Ce point de vue permet d’expliquer des comportements qui peuvent paraitre aberrants si nous prenons l’individu comme référence mais qui deviennent tout à fait logiques en prenant le gène comme référence et en le plaçant dans le cadre de l’évolution.
Comme l’illustre l’anecdote de départ, notre réflexion est née à l’occasion de consultations dans le cadre de médiations familiales. Certains couples séparés depuis des années continuaient à se faire une guerre sans merci à propos de leurs enfants. Entre ces personnes, qui avaient pourtant, pendant des années, partagé une grande intimité, plus aucun lien n’existait. Seul comptait le désir de prendre les enfants à l’autre. Nous nous trouvions ainsi face à deux types de liens différents. Le lien entre les parents dont il ne restait que de l’hostilité et le lien entre chaque parent et les enfants qui se trouvait renforcé.

Ce conflit, cette haine, ce combat que peuvent développer et entretenir deux parents, parfois même au détriment de leurs propres enfants, nous a fait envisager l’existence de liens de natures différentes. Il devait exister au sein d’une même famille, même la plus basique, deux types de liens différents. Nous avons ainsi différencié ce qui nous semblait le plus logique, le lien de parenté et le lien de non parenté. En effet, les parents ne sont pas parents : aucun lien de parenté biologique n’existe entre eux. Par contre, ils ont tous deux un lien de parenté avec leurs enfants. Chacun de ces liens possède des caractéristiques propres.












Se pose alors la question de savoir si ces deux types de liens sont à l’origine de deux types de relations différentes. C’est ici qu’intervient l’écologie comportementale et deux de ses concepts clés : la sélection de parentèle et l’altruisme réciproque.

Ces deux concepts ont pour origine une notion fort à la mode actuellement, l’altruisme. Dans la théorie de l’évolution, Darwin faisait la part belle à la compétition, « la lutte pour la vie ». Il était cependant conscient que la compétition n’expliquait pas tous les comportements et que de nombreuses observations rapportaient des comportements d’aide et de coopération entre individus. Dans sa théorie de l’évolution, les comportements altruistes n’apportant pas directement d’avantages à leurs auteurs auraient dû disparaitre au profit de comportements égoïstes. Ce n’est cependant pas le cas. Ils sont heureusement toujours présents dans la nature et chez l’Homme.

Il faudra attendre les années 60, 70 pour que deux biologistes W. Hamilton et R. Trivers développent des concepts expliquant le maintien de ces comportements au travers de l’évolution.




C’est William Hamilton (1936-2000) qui dans un article publié en 1964 apporte une solution simple au problème de l’altruisme. Elle peut se résumer ainsi : « dans chaque espèce, les individus privilégient les comportements de coopération avec leurs parents génétiques les plus proches car en se dévouant ainsi, ils favorisent la propagation de leurs propres gènes ». De ce principe, il en a tiré un modèle mathématique appelé la Loi d’Hamilton qui résume le principe suivant : « l’acte altruiste a un coût pour l’individu mais représente un bénéfice pour ses gènes. Il peut donc être sélectionné par l’évolution car les gènes impliqués dans l’altruisme se répartiront en plus grande fréquence dans la génération suivante ». Si un degré de parenté est nécessaire dans ce modèle, ce dernier ne doit pas forcément être très grand. Le caractère adaptatif dépend en effet du coût de l’altruisme. Un coût élevé comportant des risques sera adéquat avec une parenté proche, tandis que pour une parenté plus éloignée le coût, les risques devront être moins important.

Comme son nom l’indique, ce modèle fonctionne dans le cadre d’une parenté génétique entre individus. Pour ce faire, il est donc indispensable que les individus reconnaissent cette parenté. Plusieurs mécanismes permettent une telle reconnaissance. Elle peut être directe. Elle se réalise alors grâce à certains gènes via une reconnaissance chimique. Dans la majorité des espèces elle est indirecte. Elle utilise alors certains indices externes. Il s’agit par exemple, de la similarité de certains traits physiques, de la familiarité ou de la proximité spatiale. Cette reconnaissance indirecte n’est cependant pas absolue et des cas « d’incestes » existent, l’histoire d’OEdipe en est l’illustration la plus connue. De nos jours, une telle non reconnaissance de parenté pourrait arriver dans le cadre de la procréation assistée où l’enfant et le parent donneur ou la famille de celui-ci ne se connaissent pas et seraient amenés à se rencontrer sans connaitre leur lien de parenté biologique (Ces situations et leurs conséquences feront l’objet de prochains articles).

La logique de la sélection de parentèle est la préservation, le développement et la continuité de gènes communs. Dans le cadre de la famille humaine, elle agit entre membres ayant un lien de parenté. Dans la famille « classique » c’est le cas entre chaque parent et ses enfants. Cette logique explique le dévouement inconditionnel des parents envers leurs enfants. L’important ici est la continuité des gènes que l’on transmet.




Dans la nature cependant, tous les liens ne sont pas des liens de parenté. Pourtant, il existe aussi des cas d’altruisme entre individus n’ayant pas de gènes en commun. De tels comportements sont difficilement explicables dans le cadre de la théorie de l’évolution car les individus n’en tirent aucun profit au niveau génétique. Comment peut-on alors expliquer le maintien à travers l’évolution d’un comportement qui ne procure aucun avantage adaptatif direct et peut même dans certains cas être nuisible à l’individu ?
 
C’est en 1971 que Robert TRIVERS (1943- ) propose une solution à cette problématique. Il l’a nomme « Altruisme réciproque ». Comme son nom l’indique, ce comportement repose sur la notion de réciprocité. Il apparait chaque fois qu’un individu qui coopère reçoit en échange de son acte une aide en retour. Cette aide n’est pas forcément directe, elle est souvent différée dans le temps. Si pour les deux protagonistes les bénéfices d’un tel échange est supérieur à son coût alors ils y gagnent tous les deux.

Au début des années 80 cette théorie a été affinée. Placée dans le cadre de la théorie des jeux, plusieurs hypothèses ont été testées. Parmi toutes celles-ci, on a constaté que c’est la stratégie du « donnant-donnant » qui est la plus efficace dans le cas de l’altruisme réciproque. Elle consiste à démarrer une relation par un comportement altruiste et d’ensuite faire correspondre ses comportements à ceux de l’autre, répondre à l’altruisme par l’altruisme et à l’égoïsme par l’égoïsme.

Dans le cas de la famille humaine, cet « altruisme réciproque » s’applique à la relation entre les parents, la relation de couple, entre deux personnes ne partageant pas de gènes en commun.





Ces deux types de relations sont-elles présentes et ont-elles un réel impact sur la dynamique familiale ? Les quelques exemples qui suivent illustrent le fait que ces deux types de liens et la nature différente des relations qu’ils impliquent ont toujours une réelle influence sur nos relations familiales actuelles.

Si nous reprenons le point de vue biologique de l’écologie comportementale, ces deux types de liens entrainent deux types de relations différentes. D’un côté nous avons entre chaque parent et les enfants un lien de parenté qui suivra la logique de la sélection de parentèle, de l’autre côté, nous avons entre les parents un lien de non parenté qui suivra quant à lui la logique de l’altruisme réciproque.

Dans les schémas qui suivent, les liens de parenté sont représentés en traits continus, les liens de non parenté en traits pointillés.

Il est important de noter ici que les liens de parenté et de non parenté ne se distinguent pas par la qualité de la relation, mais bien par leurs logiques et leurs mécanismes. En effet, un individu peut avoir de très bons liens avec des amis non apparentés et de très mauvais avec un ou plusieurs membres de sa famille.

Cette distinction ne porte donc pas sur la qualité du lien, mais elle peut être très utile dans la compréhension et la gestion des relations familiales. C’est d’autant plus vrai à l’heure actuelle où la famille prend des formes diverses et de plus en plus complexes. Cette nouvelle vision des relations familiales étant basé sur des principes biologiques universels, elle est applicable à tous les types de familles. Elle représente un outil des plus utiles pour faire comprendre ce qui se passe au sein de la famille, quel que soit sa structure. Nous allons maintenant illustrer nos propos à partir de deux exemples concrets, la famille dite « classique » et la famille dite « recomposée ».

  • La famille « classique » :
Nous entendons ici par famille « classique », une famille composée des parents et d’un ou plusieurs enfants. Déjà à ce niveau basique, on se trouve en présence de ces deux types de liens et donc de ces deux logiques relationnelles.






    • Parent/enfant :
Entre chaque parent et les enfants, le lien est de parenté et suit donc la logique de la sélection de parentèle. Ici la priorité est donnée aux gènes que l’on a en commun, à leur survie et à leur continuité. Les parents apportent ce qu’il est nécessaire au bien-être et développement de leurs enfants. Ils le font sans attendre un retour direct. L’important ici est que la continuité des gènes soit assurée. Dans notre société, les stratégies peuvent varier d’une culture à l’autre ou d’une famille à l’autre. Certains parents miseront sur les études et l’obtention d’une bonne situation, d’autres sur l’épanouissement personnel, d’autres encore sur l’adaptation et la débrouillardise de leur progéniture. Il n’y a pas de meilleure solution, cela dépend de ce que l’avenir leur réservera.

Le principe est cependant le même, permettre à ses enfants d’atteindre l’âge adulte avec la capacité de devenir autonome et de pouvoir à leur tour se reproduire.

    • Père/mère :
Entre les parents qui n’ont pas de lien de parenté, la logique est différente et se base sur l’altruisme réciproque. Comme son nom l’indique, la réciprocité est à la base de cette relation. Elle doit donc être alimentée et entretenue de la part des deux protagonistes. Sans cela, l’un des deux ou les deux se retrouveront dans un schéma d’attente de retours de la part de l’autre, ce qui entrainera déceptions, frustrations, tensions, …

Actuellement, le « tout à l’enfant », « l’enfant-roi », n’est pas l’idéal pour le couple. Les parents en investissant tout dans leurs enfants n’entretiennent plus assez leur relation de couple. Cette situation pourrait expliquer, en partie, le grand nombre de divorces actuels, le couple étant désinvesti au profit des enfants.

  • La famille recomposée :
Un autre exemple, encore plus parlant est celui de la famille dite « recomposée ». Dans celle-ci, les deux types de liens se trouvent mélangés à différents niveaux. Prenons le cas classique de deux parents divorcés ou séparés ayant chacun un enfant et qui en ont un troisième (ou deuxième) ensemble. Cette « famille » correspond aux schémas suivants. Le premier concerne les adultes, le second, les enfants. La séparation d’un couple est représentée par une barre oblique :
























En supposant, pour simplifier les choses, que les ex-conjoints ne se remettent pas en couple, nous obtenons déjà, pour ces sept personnes, en se basant sur les liens de parentés et de non parenté de la famille classique, sept points de vue différents, sept schémas familiaux distincts ! Aucune personne sur ce schéma n’a la même vision de SA famille qu’une autre. Les trois enfants et les quatre adultes ont chacun une vision différente de leur famille qui ne correspond pas à celles des autres. Être conscient de cela est très utile. Cela permet de comprendre le point de vue de chacun et les différents mécanismes relationnels en jeu et ainsi d’éviter de nombreuses erreurs souvent commises avec les meilleures intentions.

Lorsque l’on constate que chacune des personnes de ce schéma a une vue différente de ce qu’est sa famille, il est difficile de parler encore d’une famille « recomposée ». En dehors du nouveau couple, aucune personne ne se considère dans une nouvelle famille recomposée. Même les membres de ce nouveau couple n’ont pas une vision tout à fait identique, notamment en ce qui concerne l’enfant, ou les enfants, de l’autre.

Vouloir à tout prix « recomposer » une famille suite à une séparation est une utopie et entraine une pression importante sur chacun de ses membres. C’est bien souvent la cause de malentendus, d’incompréhensions, de tensions qui provoquent nombre de conflits. Faire abstraction d’un modèle familial « reconstitué » et s’investir dans les relations individuelles en tenant compte des liens de parenté et de non parenté au sein de cette nouvelle structure permet de remettre les choses à leur place dans une logique naturelle et non plus dans un cadre idéologique de contraintes sociales et culturelles.

En examinant maintenant le point de vue de quelques-uns des protagonistes, nous allons pouvoir constater que cette nouvelle approche, plus naturelle, permet d’expliquer les problèmes rencontrés la plupart du temps dans ces familles dites « recomposées ».


    • Parent/enfant :
Les parents qui forment le couple recomposé désirent souvent, adopter un comportement juste et égalitaire envers « leurs » enfants. Souvent, un parent ne comprend pas que malgré qu’il s’évertue à être le plus « juste » possible envers les enfants, il rencontre des problèmes. Si l’on se place du point de vue de l’enfant, et c’est ce qui est souvent rapporté en consultation, il n’y a aucune raison que leur parent s’occupe autant d’un enfant qui n’est pas le leur que d’eux même. Pour eux, c’est injuste ! Les adultes dans ce cas doivent adapter leur relation en fonction du lien de parenté ou de non parenté. Cela ne veut pas dire qu’ils doivent faire de grandes différences entre les enfants, mais bien qu’ils doivent adopter différentes approches en fonction de la nature du lien qu’ils entretiennent avec chacun des enfants.

    • Beau-parent/enfant :
L’enfant ayant déjà ses deux parents, n’accepte bien souvent pas que le beau-parent prenne la place d’un de ceux-ci. Entre le beau-parent et l’enfant, il ne s’agit pas d’une relation de parenté avec ses caractéristiques propres, mais bien d’une relation de non parenté fonctionnant dans la logique de l’altruisme réciproque. C’est là que réside toute la difficulté de ce type de relation, en particulier quand elle concerne un adulte et un enfant. Si entre adultes ce type de relation est courant avec des non apparentés, amis, connaissances, collègues,…, c’est rarement le cas entre adultes et enfants. C’est d’autant plus vrai dans le cadre familial où la relation la plus fréquente est celle de parent à enfant qui suit la logique de la sélection de parentèle.

On constate ainsi qu’une bonne relation entre beaux-parents et beaux-enfants ne dépend pas seulement des adultes, mais aussi du retour que peuvent donner les enfants. Un beau-parent qui fait de son mieux pour établir une bonne et saine relation avec ses beaux-enfants ne sera pas le seul responsable en cas d’échec si ces derniers ne donnent aucun retour. De quoi déculpabiliser les beaux-parents qui bien souvent endossent seuls la responsabilité d’une mauvaise relation avec leurs beaux-enfants.

    • Frères, soeurs, demis ou pas du tout. :
Vouloir recomposer une fratrie avec les enfants n’est pas la meilleure idée qui soit. Dans l’exemple cité, les enfants ont chacun une vision différente de leur fratrie. Beaucoup de professionnels s’occupant de ces familles dites recomposées constatent que ce que l’on appelle le(a) demi-frère/soeur n’existent pas pour les enfants. On est ou pas frère/soeur. Pour cela, il ne faut pas nécessairement avoir les deux parents en commun, un seul suffit. Cette position rentre tout à fait dans le cadre de notre approche. En effet, il existe ou non un lien de parenté, il n’y a pas de demi-mesure.

Entre les enfants de cette fratrie, la même logique entre en vigueur. La sélection de parentèle régira les liens entre enfants ayant un lien de parenté, quel que soit celui-ci et une logique d’altruisme réciproque gèrera les relations entre les enfants n’ayant aucun lien de parenté.




Nous pourrions examiner une à une toutes les relations au sein de toutes les structures familiales possibles. Tant ce que l’on désigne dans notre société comme les nouvelles familles que les différentes structures familiales d’autres cultures, toutes sont basées sur cette logique des deux types de liens et de leurs modes relationnels différents.

Il en va de même au niveau du règne animal et même végétal. Dans ce dernier déjà, des chercheurs ont observé que des plantes adoptent des comportements de solidarité envers des apparentés. Elles peuvent favoriser des flux nutritif entre les racines d’apparentés augmentant ainsi les chances de survie des jeunes pousses de 26% ou limiter la croissance de leurs racines pour laisser plus de place au développement de plants qui leurs sont apparentés. Elles ne le feront pas avec des plantes non apparentées.

Si ces mécanismes sont universels, les stratégies à développer pour améliorer les relations familiales ne le sont pas. Elles dépendent en effet d’une famille à l’autre et de nombreux facteurs tant internes qu’externes. Tout le travail auprès des familles consiste alors à les informer de ces mécanismes et de trouver avec chacune d’elle les moyens à mettre en place afin de respecter au mieux la logique de ces deux types de relations.

La famille idéale où l’entente coule de source entre tous ses membres est une utopie. Connaitre la vrai nature des liens familiaux issus de notre longue évolution biologique permet de comprendre les mécanismes relationnels en jeu dans le cadre familial. Ne plus se soumettre à la pression sociale basée sur une vision erronée de la famille « idéale » permettra d’éviter bien des erreurs et des drames au sein de nos familles, quelle que soit leur composition.

Mais tout d’abord qu’est-ce que l’écologie comportementale ?

Lien de parenté       Lien de non parenté
- Gènes en commun       - Absence de gènes communs
- Inconditionnel       - Conditionnel
- Indestructible       - Destructible
- Involontaire       - Volontaire

La sélection de parentèle.

L'altruisme réciproque.

Et dans notre famille ?

Conclusion

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